Usine Menier, Noisiel

C’est une visite que j’attendais de faire depuis des années, mais les places sont (très) rares et a chaque fois que je tentais de réserver, c’était complet… Mais par chance, j’ai enfin pu enfin découvrir le site il y a quelques jours. Suivez moi … 

La visite, organisé par le syndicat d’initiative de Noisiel permet de comprendre les différentes étapes de la fabrications et permet de découvrir les principaux bâtiments. 

Historique de l’entreprise Menier

C’est Jean Antoine Brutus Menier qui fonde en 1816, l’entreprise chocolatière qui porte son nom. En 1825, la firme déménage à Noisiel, sur le site de l’ancien moulin seigneurial. En 1836, elle est la première à créer la tablette de chocolat. En 1867, Émile-Justin, fils d’Antoine Brutus Menier, décide de recentrer son usine sur la fabrication de chocolat. C’est aussi le moment de l’essor de la production et des effectifs de l’entreprise qui passent de 50 ouvriers en 1856 à 325 en 1867.

À la mort d’Émile-Justin, en 1881, ce sont ses fils, Gaston, Albert et Henri, qui assurent les destinées de l’entreprise familiale.

Après la Seconde Guerre mondiale, la firme commence à décliner, concurrencée par les barres chocolatées venues des États-Unis. L’entreprise est contrainte de fusionner avec la société Rozan qui rachète la firme dans sa totalité en 1965. En 1971, Menier est rachetée progressivement par Rowntree Mackintosh laquelle est acquise à son tour en 1988 par Nestlé.

Depuis 1996, le site Menier, au bord de la Marne, est le siège de la division pour la France de Nestlé. Nestlé a décidé d’abandonner le site en 2019.

Le moulin Saunier

Utilisant l’énergie hydraulique de la Marne, il était la pièce maîtresse de l’ancienne usine Menier et permettait de broyer les fèves de cacao pour produire du chocolat

Le bâtiment repose sur 4 piles et offre une surface de 485 m² au sol. La charpente métallique pèse 460 tonnes et reste apparente, se mêlant au parement de briques qui forme un décor architectural s’inspirant directement du style orientaliste. L’intérieur se répartie sur trois étages dont chacun est dédié à une étape de production précise répondant au principe que le produit fini soit fabriqué au niveau inférieur. Ainsi, les fèves de cacao sont broyées au troisième et dernier étage. Puis le mélange des cosses au sucre s’effectue au deuxième étage. Enfin, la préparation de la pâte de cacao est élaborée au premier étage.

Le Moulin Saulnier est classé Monument historique en 1992.

Le moulin
Détail de la façade
Détail de la façade
La façade
La façade
Vue depuis la Marne
Vue depuis la Marne

La cathédrale

Édifiée par l’architecte Sauvestre en 1906, la « cathédrale » traduit la réussite économique et sociale des Menier. L’utilisation de moyen moderne tel que le béton armé ainsi que l’absence de décoration préfigure l’harmonisation de l’architecture avec les exigences et besoins de la vie moderne et la reconnaissance d’un matérialisme naissant. La cathédrale est le dernier bâtiment d’envergure érigé par les fils Menier.

La nouvelle chocolaterie devait être située à proximité du moulin où était fabriquée la pâte et du dressage dans lequel le chocolat était moulé. Coté berge, il n’y a plus de place. Restent les deux îles sur la Marne. L’architecte prévoit de les unir en remblayant et, pour les fondations, il fait appel à une technique nouvelle. Il s’agit d’utiliser des pieux en béton armé. La construction dure deux ans. Utilisée à 30% de son rendement, elle sera désaffectée au début des années cinquante.

Le moulin Saunier

La construction de la passerelle s’est faite simultanément à celle de la « Cathédrale » en 1905. Deux projets ont précédé la réalisation de la passerelle : dans le premier, l’ingénieur Hennebique proposait une passerelle en béton armé reliant la Cathédrale au bâtiment de dressage par le rez-de-chaussée et supportée par une pile au milieu de la Marne. Le second projet, celui d’ Eiffel, prévoyait une passerelle entièrement métallique d’une seule volée et d’une portée de 44.50 m. C’est ce projet métallique qui finalement fût réalisé en béton fretté par Armand Considère et Stephen Sauvestre. 

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